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Catalogue général des manuscrits des bibliothèques publiques de France : Manuscrits grecs. Lyon

H. Omont

Ministère chargé de la Culture et Ministère chargé de l'Enseignement supérieur

Bibliothèque nationale de France

1886

4 février 2008

Créé par conversion rétrospective de l'édition imprimée : [Catalogue général des manuscrits des bibliothèques publiques de France]. Catalogue des manuscrits grecs des départements. Par H. Omont, Paris, Plon-Nourrit, 1886
Numérisation et rendu en mode texte réalisés par la société AIS (Paris, France). Encodage effectué selon la DTD EAD-2002 par la société ArchProteus (Vancouver, Canada) le 4 février 2008

Catalogue rédigé en français

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Les manuscrits grecs aujourd'hui conservés dans les Bibliothèques publiques de France sont au nombre de 4,800 environ. La Bibliothèque nationale possède à elle seule 4,650 manuscrits, divisés en trois fonds : Ancien fonds grec, environ 3,200 volumes, cotés 1-3117. — Fonds de Coislin, 416 volumes. — Manuscrits du Supplément grec formant 1,073 numéros (Voyez : Catalogus codicum rnanuscriptorum Bibliothecae regiae,
 t. II (Paris, 1740, in-fol.). — MontfaucoN, Bibliotheca Coisliniana, olim Segueriana
 (Paris, 1715, in-fol.). — Omont, Inventaire sommaire des manuscrits du fonds grec
 (Paris, 1886, in-8o
) et Inventaire sommaire des manuscrits du Supplément grec de la Bibliothèque nationale
 (Paris, 1883, in-8o
)
).

Soixante-trois manuscrits grecs se trouvent dans les autres Bibliothèques de Paris : Mazarine, Arsenal, Sainte-Geneviève, Institut de France, Faculté de médecine, École des langues orientales vivantes, Musée du Louvre, Archives et Imprimerie nationales (Inventaire sommaire des manuscrits grecs conservés dans les Bibliothèques publiques de Paris,
 par H. OmoNt (Paris, 1883, in-8o
). Extrait du Bulletin de la Société de l'Histoire de Paris

).

Il reste dans les départements 90 manuscrits grecs répartis aujourd'hui dans vingt-neuf villes différentes (Une liste sommaire de ces manuscrits a déjà paru dans le Cabinet historique,
 1883, p. 193-208, et tirage à part de 18 pages. — On peut aussi rapprocher de la liste actuelle des manuscrits grecs des départements ce que dit Montfaucon dans sa Palaeographia Graeca
 (Paris, 1708, in-fol., p. XXVII) : « In monasterio S. DionysII in FrancIA. Habetur Diploma autographum Imperatoris Constantinopolitani cujusdam, et Codex anno 1408. missus et dono oblatus a Manuele Palaeologo imperatore per Manuelem Chrysoloram ejus legatum. Codex autem est XI sæculi. « Remis. In bibliotheca S. Remigii Benedictinorum
 habentur exemplaria mss. Bene multa, et inter illacodd. graeci circiter
 60, olim cardinalis a Lotharingia archiep. Remensis. « Ebroicis. In bibliotheca S. Taurini Ebroicensis Benedictinorum
 habentur Codd.graeci mss. circiter
 30, qui olim cardinalis Perronii fuerant. « Divione. In bibliothecis ill. D. Bouhier
 de Savigni, in supremo Divionensium senatu praesidis, itemque DD. de La Mare
 et Lantin,
 in eadem suprema curia senatorum, habentur codd. graeci numero pauci.
 « Turonis. In bibliotheca D. Du Poirier codd. mss. graeci numero pauci.
 » Des deux manuscrits grecs de l'abbaye de Saint-Denis, l'un, le diplôme d'un empereur de Constantinople, dont Montfaucon a donné un fac-simile,
 est aujourd'hui aux Archives nationales ; l'autre, manuscrit des œuvres de S. Denys l'Aréopagite, est au Musée du Louvre
).

Liste des manuscrits grecs des Bibliothèques des départements.

Agen1Albi1Amiens1Arras1Bayeux (Musée)1Besançon17Bourges1Caen10Carpentras3Épernay1Évreux6Laon1Lille1Lyon7Mâcon (Académie)1Marseille3Montpellier15Narbonne (Archives)1Orléans1Perpignan1Poitiers3Reims2Rennes2Rouen2Saint-Mihiel1Toulouse1Tours1Troyes1Vitry-le-François3Total90 mss.

Un certain nombre d'autres manuscrits grecs se trouvaient au XVIIe et au XVIIIe siècle dans diverses villes qui n'en possèdent plus aujourd'hui.

C'est à Avallon peut-être, ou à Autun, qu'ont été conservés jusqu'au milieu du XVIIe siècle les manuscrits grecs que Claude Naulot tenait de l'évêque de Montpellier, Guillaume Pelicier, et qui devaient, avant de quitter la France, entrer dans la bibliothèque des Jésuites du collége de Clermont(Voyez Bibliothèque de l'École des Chartes,
 1885, t. XLVI, p. 45-83 et 594-624
).

A Dijon, sans parler des manuscrits de Bouhier, en partie aujourd'hui à l'École de médecine de Montpellier, et des manuscrits de Saumaise, maintenant à Paris, après avoir passé dans les collections de Delamarre, Lantin et Fontette, il y avait encore des manuscrits grecs dans la bibliothèque de M. Bailly, conseiller au Parlement. Parmi soixante-sept manuscrits ayant appartenu à ce conseiller et dont les titres nous sont conservés dans le volume 849 de la collection Moreau (fol. 148-150), on relève les huit volumes grecs qui suivent :

« 18. Les œuvres de S. Athanase. Grec, in-fol.

21. Euripidis Ecuba. In-4o .

28. Apollonius græcus.

45. Inscriptiones Appiani.

50. Aristotelis Ethicorum.

57. Pindare. Manuscript grec.

59. Manuscript grec. Προφήτους βασιλέως

66. Officium septimanae sanctae et festorum Domini. Grec, in-fol. »

Les Jésuites de Douai possédaient un manuscrit grec, aujourd'hui à la Bibliothèque royale de Bruxelles (nos 4523-24).

Le manuscrit Burney 97 du British Museum, qui contient les poésies de Manuel Philé, copiées par Ange Vergèce, a autrefois appartenu à l'abbaye de Moutier-Saint-Jean, au diocèse de Langres.

Le manuscrit misc. gr. 278 de la Bibliothèque Bodléienne d'Oxford a peut-être aussi jadis été dans une bibliothèque de Nancy. C'est un volume de copies intitulé : « Analecta ex graecis codicibus regiis excerpta, pleraque inedita, per Ixocalum Polopsonem Acrerodianum, Nanceianum. 1780. »

Vers 1710, M. Bégon, intendant de Rochefort, avait dans son cabinet « 621 volumes manuscrits en langues hébraïque, arabe, chinoise, persane, grecque, latine, françoise et aultres (Dijon, ms. 407, fol. 34. — Cf. G. DUplessis, Un curieux du XVIIe
 siècle, Michel Bégon.
 Paris, 1874, in-8o
, p. 7. On peut rapprocher aussi un passage de la vie de Nicolas Kitsner (Cisnerus
), publiée par Melchior Adam, Vitæ Germanorum JC.
 (Heidelberg, 1620, in-8o
, p. 526), qui montre la réputation qu'avaient encore au milieu du XVIe
 siècle les bibliothèques de l'ouest de la France : « Rupellam, Santonum portum, adiit, bibliothecas in illis regionibus praecipuas inquisivit diligenter, ita jubente et petente Electore Othone Henrico Palatino, qui, libris raris antiquitatisque venerandae Palatinam bibliothecam instructurus, nulli sumptui, nulli labori pepercit. »
) ».

Quatre manuscrits (aujourd'hui Supplément grec 30, 107, 131 et 841) ont été, jusqu'à sa suppression, au XVIIIe siècle, dans la bibliothèque de l'académie protestante de Sedan.

A Soissons, il y avait encore au commencement de ce siècle un manuscrit du Commentaire d'Hermias sur le Phèdre de Platon (XVIe
 siècle, in-4o
, sur papier, d'après le Catalogue manuscrit de M. Brayer, rédigé en 1838
). Ce volume, aujourd'hui disparu, provenait de l'ancienne abbaye de Prémontré.

Il faut aussi mentionner les manuscrits grecs de la Bibliothèque de Strasbourg, brûlée misérablement en 1870 (Haenel, dans ses Catalogi,
 mentionne dix manuscrits grecs à Strasbourg. On peut consulter, sur quelques-uns de ces manuscrits, les Notices et extraits des manuscrits,
 t. XIX, 2e
 partie, p. 431, cf. p. 172 ; Wescher, Poliorcétique des Grecs,
 p. XXXV ; Vachon, l'Art pendant la guerre
 1870-71. Strasbourg, p. XVI. Cf. aussi la lettre de M. R. ReUss, dans la Revue critique,
 1871, p 160-180
). C'est à Strasbourg également que sont restés jusqu'en 1804 les manuscrits de l'helléniste Brunck, qui font maintenant partie du Supplément grec de la Bibliothèque nationale (nos 212, 347-351, 353-379, 383, 389-393 et 594). Un dernier manuscrit de Brunck est au British Museum, Additional ms. 28277.

A Toul, il ne reste plus aucun manuscrit de l'antique et célèbre abbaye de Saint-Epvre, qui, encore à la fin du XVe siècle, passait pour posséder un certain nombre de volumes grecs(Bibliothèque de l'École des Chartes,
 1876, p. 473
) ; mais, déjà au commencement du XVIIIe siècle, Martène et Durand (Voyage littéraire,
 1717, t. I, II, p. 130
) semblent n'avoir remarqué aucun manuscrit grec à Saint-Epvre. Un texte grec des Évangiles, donné en 1530 à la cathédrale de Toul par l'évêque Hector de Rochefort d'Ailly, était entré quelques années avant le passage des Bénédictins en Lorraine dans la bibliothèque de Séguier (aujourd'hui Coislin, 197).

Enfin le psautier grec, copié par Sedulius Scottus, conservé jusqu'au XVIIe siècle dans l'abbaye de Saint-Nicolas des Prés, à Verdun, puis envoyé à l'abbaye de Saint-Germain, à Paris, fait maintenant partie des collections de la Bibliothèque de l'Arsenal (no 8407).

Deux planches de fac-similé héliographiques accompagnent cet inventaire. La première reproduit deux pages du plus ancien des manuscrits grecs conservés dans les bibliothèques des départements, l'Évangéliaire de Carpentras, dont l'écriture onciale peut remonter au IXe siècle. Sur la seconde planche, on trouvera le texte de deux donations successives de cet Évangéliaire, dont la plus ancienne remonte à l'année 1092 ; à côté est reproduite une page du célèbre manuscrit de Tours, qui contient le cinquantième livre de la grande Encyclopédie composée au Xe siècle par l'ordre de l'empereur Constantin VI Porphyrogénète.

D'autres manuscrits grecs des bibliothèques des départements ont déjà été reproduits en fac-simile. Dans l'Album paléographique publié par la Société de l'École des Chartes (1886, pl. 23), on trouvera deux pages du Glossaire grec-latin de Laon, dont un fac-simile avait déjà été donné par Montfaucon dans sa Paléographie grecque (1708, p. 248). Deux pages du papyrus d'Isocrate de Marseille ont aussi été reproduites dans les Mélanges Graux (1884, p. 484). Le Musée des Archives départementales (1878, pl. 44) contient un fac-simile du diplôme bilingue de Narbonne ; enfin, dans le tome II de la Paléographie universelle de Sylvestre (1839) figure une belle reproduction du manuscrit de Reims, copié au XVIe siècle par Constantin Palaeocappa pour le cardinal de Lorraine.

Introduction

Les sept manuscrits grecs conservés aujourd'hui à Lyon proviennent tous de la bibliothèque du collége des Jésuites de cette ville. Deux autres manuscrits, qui se trouvaient aussi au XVIIIe siècle dans cette bibliothèque, sont aujourd'hui à la Bibliothèque nationale (Suppl. gr. 175 et 177). Les listes qu'on a des manuscrits des Jésuites de Lyon sont bien incomplètes et ne permettent guère de se faire une idée de l'importance de la collection que ceux-ci avaient réunie. L'une de ces listes se trouve dans le volume 849 de la collection Moreau (fol. 184 vo ) ; une autre est dans le manuscrit 179 de la bibliothèque de la Faculté de médecine de Montpellier.

CATALOGUE DES MANUSCRITS de la bibliothèque des RR. PP. Jésuites de Lyon en 1722.

.................................

17. Basilii Caesariensis, graec., fol. [No 51.]

18. Gregorii Nazianzeni opera, graece, in-4o , papier. [No 516.]

19. Chrysostomi opera aliqua, graece, fol., parch. (?)

20. Leonis imperat. opera, graec., in-4o , parchemin. [No 542.]

.................................

Mss. recentia collegii Lugdunensis Soc. Jesu.

.................................

11. Λειτουργία, ἀκολουθία ἁγιασμοῦ μικροῦ καὶ μεγάλου, miniatis aureisque characteribus eleganter descriptus liber, in-4o . [Paris, Suppl. gr. 177.]

13. Liber alius graecus rituum et liturgiae, et orationum graecarum, in-8o ; relictus a quodam episcopo graeco in hac civitate defuncto. [No 52.]

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Au XVIe et au XVIIe siècle, d'autres bibliothèques lyonnaises avaient possédé de précieux manuscrits grecs. C'est sans doute du monastère de Saint-Irénée de Lyon que fut enlevé, vers 1562, au commencement des guerres de religion, le Codex Bezae des Évangiles (gr.-lat.), offert par Théodore de Bèze, en 1581, à l'Université de Cambridge. (Voyez Scrivener, A plain introduction to the criticism of the New Testament, 1883, in-8o , p. 120, ss).

Les Augustins de Lyon possédaient aussi au XVIIe siècle trois manuscrits grecs, dont nous avons les titres dans le manuscrit 179 de Montpellier, déjà cité.

Manuscrits des Augustins déchaussés de Lyon.

1. Appollonii Rhodii Argonauticon. In-folio, manuscrit sur papier, grec et latin.

2. Varia manuscripta, grece. In-quarto, papier.

3. Alcinoi Didascalio dogmatum Platonis. In-douze, manuscrit, papier.

Les Dominicains, qui avaient hérité de la bibliothèque du célèbre hébraïsant Sante Pagnino, mort à Lyon en 1536, avaient dû y trouver, au témoignage de Le Gallois (Traité des plus belles bibliothèques. Paris, 1680, in-12, p. 122), « le quatrième livre des Machabées, en grec, écrit à la main » (Cf. aussi Jo. Lomeier, De bibliothecis,
 2e
 éd. Utrecht, 1680, in-12, p. 308
).

On trouve aussi dans une note de Peiresc (Carpentras, vol. II, fol. 353) la mention que « le sieur de Mornieu, conseiller au présidial de Lyon, demeurant rue de Jurie, prez le Change », possédait et lui « fit voir un Saint-Denis Aréopagite grec, ms. in-16o , fort ancien, avec tout plein de majuscules ». Au XVIIe siècle, Hugues Lorin, conseiller au parlement de Lyon, possédait un Commentaire sur Hermogène, qui est aujourd'hui le manuscrit 589 du Supplément grec de la Bibliothèque nationale. Enfin à la même époque un manuscrit, aujourd'hui à Oxford (Bodleian, misc. gr. 275), appartenait au libraire Cellier, de Lyon.