Synchroniser avec la table des matières  Manuscrits du fonds Alexandre Lacassagne

Présentation du fonds
Dates extrêmes 18e - 20e siècle
Origine

Alexandre Lacassagne

Objet numérique
Description matérielle Pièces manuscrites, coupures de presse, dessins, gravures, photogr. etc.
Lieu de conservation Bibliothèque municipale de Lyon
Résumé Fonds manuscrit de 203 cotes regroupant des correspondances, des notes scientifiques, médicales, sociologiques, et philosophiques. Ce fonds comprend également un corpus relativement important de littérature de condamnés ainsi que de nombreuses analyses, travaux de scientifiques et pièces relatives à Jean-Paul Marat.
Informations administratives
Information sur les modalités d'entrée

Don de A. Lacassagne à la bibliothèque municipale de Lyon au mois d'octobre 1921. Un catalogue fut réalisé par Claudius Roux, bibliothécaire adjoint, en 1922.
Pour plus d'information :

Conditions d'accès

Le fonds est consultable dans la salle du Fonds ancien, sur autorisation du conservateur.

Conditions d'utilisation

Publication soumise à l'autorisation des ayants-droit.

Consultation sous le contrôle du personnel du département.

Note biographique / Histoire

Alexandre Lacassagne fut un des principaux fondateurs de la médecine légale et de l'anthropologie criminelle. Eminent savant et érudit, il s'intéressa aux problèmes de société, notamment ceux liés à la criminalité et aux déviances psychologiques.

Né en 1843 à Cahors, terre natale qu'il revendique tout au long de sa vie notamment au travers de certains de ses ex-libris ( Olim Quercinum Nunc Lugdunense Quercetum ), il se dirigea dès ses 20 ans vers la médecine en intégrant en 1863, l'école de santé militaire de Strasbourg. Il fut médecin militaire en Algérie de 1870 à 1872, et poursuivit, au cours de l'année suivante, comme médecin-major au Val de Grâce où il fut agrégé pour la spécialité de l'hygiène en médecine légale.

Avant de devenir professeur de médecine légale à la faculté mixte de médecine et de pharmacie de Lyon, il publia quelques ouvrages majeurs comme le Précis d'hygiène publique et sociale (1876) , le Précis de médecine judiciaire (1878) ou encore De l'influence du travail intellectuel sur le volume et la forme de la tête (1878 en collab. avec M. Cliquet). Il publiera par ailleurs des dizaines d'autres ouvrages tout au long de sa carrière, dont de nombreux autres précis et ouvrages de références dans le domaine de la médecine légale.

Elu membre correspondant de l'Académie de médecine de Lyon en 1890, il se penche au cours de l'année suivante sur l'affaire Gouffé, dite de la malle sanglante de Millery . Sa célébrité fut faite lorsqu'il identifia en novembre 1899 le corps en décomposition avancé de M. Gouffé, huissier parisien, à partir d'un examen approfondi des os et des cheveux.

Instituant les bases de la police criminelle, il participa également aux grandes affaires criminelles de l'époque en rédigeant de nombreuses expertises médicales qui permettaient d'établir alors le niveau de responsabilité ainsi que l'état mental des condamnés.

Se passionnant pour les différentes affaires criminelles auxquelles il est appelé en tant qu'expert légiste, il contribua notamment à l'élucidation de l'affaire Vidal, Vacher, et effectua l'autopsie du président Sadi Carnot.

Alexandre Lacassagne analyse aussi tous les aspects de la criminologie et se penche sur le cas des condamnés. Il effectue régulièrement des visites à la prison de Lyon où il oblige les condamnés à tenir un journal. Cette littérature des prisons nourrit une abondante matière de réflexion au professeur, qui aboutira à la célèbre doctrine : Les sociétés ont les criminels qu'elles méritent ce qui l'opposera alors à la thèse du "criminel-né" de Cesare Lombroso (1835-1909).

Cependant, A. Lacassagne au-delà de toutes ses études scientifiques et médicales, développe un véritable engouement pour la période révolutionnaire notamment au travers de l'étude du personnage de Marat, à qui il vouait un certain culte. On ne peut s'empêcher de penser que ce personnage révolutionnaire évoque pour le professeur A. Lacassagne, l'image type du médecin héroïque, bravant l'ordre, recherchant un idéal de liberté et de paix sociale.

Réalisant un véritable travail d'historien et de collectionneur, il fonda le Musée d'histoire de la médecine de Lyon. Parmi ces nombreux chantiers intellectuels, il développa une approche historiographique de la vie de Marat au travers des analyses de Charavay ainsi que F. Chèvremont, et il étudia l'évolution de la médecine légale, notamment au travers des travaux du Dr Chaussier.

Ces deux fils s'illustrèrent dans le médecine. Antoine-Marcellin-Bernard Lacassagne (1884-1971) devint radiobiologiste et cancérologue et Jean Lacassagne (1886-1960) devint dermato-vénérologue et historien de la médecine.

Présentation du contenu du fonds

Le fonds manuscrit présent à la bibliothèque municipale de Lyon est un fonds hétéroclite, de par la diversité de ces supports mais aussi par les sujets qu'il traite. Le fonds est regroupé sous les cote Ms 5169 à 5370 et Ms 6130 à 6131.

Une importante correspondance est présente dans presque la totalité des cotes présentes. De nombreuses notes autographes du professeur Lacassagne, ainsi que d'autres éminents spécialistes comme le Dr A. Corre, ou le Dr G. Tarde, forment une part quantitative du fonds.

Des documents rares et originaux sur les tatouages ou l'argot, constituent l'originalité forte de ce fonds.

Une partie importante est également consacrée à l'étude de Marat et à ses publications politiques. Notons par ailleurs la présence de nombreuses copies de journaux (comme l'Ami du peuple de Marat) réalisée par F. Chèvremont.

Une exposition a été organisée du 27 janvier au 15 mai 2004, par M. Ph. Artières, et M. G. Corneloup assistés de M. Ph. Rassaert. Cette exposition a donné lieu à l'élaboration d'un catalogue : Le médecin et le criminel disponible dans la salle du fonds ancien de la bibliothèque municipale de Lyon sous la cote : FA lyo 02-D

Ce catalogue d'exposition permet d'appréhender de manière complète les spécificités de la médecine légale et du professeur A. Lacassagne, en abordant en détail ses centres d'intérêts, ses méthodes scientifiques et son Oeuvre. Ce thème est développé plus en détail dans l'avant-propos du catalogue d'exposition : L'émergence de l'anthropométrie criminelle n'est en effet pas seulement un événement dans l'histoire des sciences, mais ce que Michel Foucault désignait comme un moment de problématisation. Qu'est-ce qu'un criminel? Telle est la question que se pose à travers un certain nombre d'acteurs la société Fin-de-siècle, et autour de laquelle tout un savoir se développe.

Exposer ce savoir et ces fonctions est l'ambition de cette exposition. Il ne s'agit donc pas d'une exposition sur le crime mais sur le regard que la science a porté sur le crime et les criminels entre les années 1880 et 1914.

Documents séparés

La collection de manuscrits autographes assemblée pendant la première moitié du XXe siècle par le Docteur Erik Waller et acquise en 1955 par la Bibliothèque de l'Université d'Uppsala, contient parmi des dizaines de milliers d'autres documents numérisés et disponibles en ligne, deux lettres de la main d'Alexandre Lacassagne :

La collection Waller contient également plusieurs pièces autographes de Jean-Paul Marat:

Accès contrôlés
Nom de personne : Lacassagne, Alexandre, 1843-1924